21 december 1979
Westfalenstadion,
Dortmund
Le résultat ne comptait pas fors l'honneur. Reléguons aux archives la victoire anecdotique de Dortmund sur les « Human Stars » (les étoiles humanitaires), emmenés tantôt par Johan Cruijff, tantôt par Franz Beckenbauer. Victoire à grand spectacle, cependant, saluée dans un tumulte bon enfant par les 40 000 supporters du club. Il est vrai que c'était la soirée de l'enfance, coincée entre Noël et jour de l'an. Une soirée bien symbolique, en fermeture de l'année qui lui était consacrée. Bref, c'était le rendez-vous des bonnes intentions, la recette allant intégralement à l'UNICEF, cette ONU de l'enfance. Malgré tout, il y eut des mini-bavures. D'abord l'absence du Hollandais Neeskens, qui s'était fait annoncer. Et puis, celle du Brésilien Marinho. Celle de Michel Platini aussi. A Saint-Etienne, en dépit du caractère amical et désintéressé de la bonne oeuvre, on avait invité le meneur de jeu français au devoir de réserve. Motif : le risque de blessure, cruellement ressenti lors d'un France - Etats-Unis, dépourvu d'intérêt, sinon pour alimenter les bilans de complaisance. Autre absence française : celle de Marius Trésor. Le « libéra » guadeloupéen de l'OM, qui était dans la mire du Bayern Munich, a fait faux bond à Dortmund. Une douleur aux reins l'a privé de ce match de gala en même temps que de prestige.
Restait le seul Didier Six. Depuis un remarquable Brésil-France, à Maracana, l'ailier fantasque de l'Olympique Marseille traîne la « pancarte » du joueur de gala. Ce match était un sur mesure pour lui. Il l'était d'autant plus que Kevin Keegan, « King » et seigneur, l'avait pris sous son aile à lui. Six n'avait plus qu'à puiser dans son anglais scolaire pour donner une réplique adaptée. Ce qui fut fait entre la poire et le fromage. L'entente cordiale allait trouver sa prolongation naturelle sur le terrain. Six n'aura joué qu'une demi-heure en tout. La dernière. Son entrée coïncida avec la sortie de l'Ukrainien Blokhine, vieille figure du Dynamo Kiev et du stade Geoffroy-Guichard. Ce fut suffisant pour juger : Six-Keegan, même football, sinon même combat. Ce qui fera dire au « Onze d'or » et autre « ballon d'or » : « Tente ta chance en Bundesliga. Le football ici est fait pour toi. Et le deutschmark vaut bien qu'on mouille un peu le maillot pour la galerie. »
Naturellement, Keegan allait éclairer ce match sans forcer comme il a survolé les terrains d'Angleterre et d'Allemagne, de Liverpool jusqu'à Hambourg. Sur les rives du Merseyside, il était «KKK» (Keegan, King of the Kop), à Hambourg les « fans » ont rebaptisé leur club en lui donnant ce nom d'emprunt : Hambourg SV = Kevin Keegan SV! Le vrai meneur de jeu, c'était lui, bien sûr, à Dortmund. Il a même partagé la vedette avec Laura-Jane, sa fille, un poupon blond d'un an, emmitouflée dans un mini-survêtement tout à fait de circonstance. C'est elle, au nom de l'UNICEF, qui a donné le coup d'envoi de cette partie de bienfaisance. Un litige de moins entre Cruijff et Beckenbauer, jouant aux vieilles stars outragées pour une question de préséance. C'est ainsi qu'on batailla ferme dans la coulisse pour une affaire de brassard et de capitanat. Et qu'on coupa la poire en deux, en adoptant le principe de l'alternance.
D'une mi-temps, l'autre... Tête de Beckenbauer, en voyant Cruijff en rajouter, jusqu'à tirer les six mètres... Tête de Cruijff, quand l'ancien Munichois fut désigné meilleur joueur du tournoi ! Cela, c'était pour la petite histoire, et l'on s'accordait plutôt, l'espace d'un soir d'exception, à retenir de cette rivalité d'antan, les amabilités de façade répétées devant un détachement de photographes. De même oublia-t-on les sifflets inconvenants adressés à Hansi Muller, dont l'élégance naturelle et la fausse désinvolture heurtent le public laborieux et difficile de la Ruhr. Le reste, ce fut surtout un spectacle réussi. Et bien monté. Le contraire d'un football de salon, cependant, car la bienfaisance d'un soir avait sublimé l'absence d'enjeu. Il y eut même un renversement de situation, digne des grands effets de théâtre. Mené 2 - 0 à un quart d'heure de a fin, Dortmund arracha la victoire en trois phases éclairs. Fin !
Codec H 264, Mkv
Bitrate 1200
Sound 128 Kbps
Resume
Pass :
Special pass for members only
Here's a "special for members only" for the month of August as a kind of reward for members. All you have to do is sign as a member that's it. It's totally private. A password will be send via Friendconnect. Registration is on right side of the blog, section members.
Caps



















No comments:
Post a Comment